La création d'entreprise est revenue à la mode en France, presque 30 ans après les aventures de Bernard Tapie qui avait même une émission à ce sujet sur TF1.
Comme d'habitude en France, on parle, on parle de ce sujet sans avoir d'abord défini de quoi il s'agissait.
Création d'entreprise … entreprendre, entrepreneur, création … sont des mots qui veulent dire tant de choses différentes suivant la culture.
En français, "entreprendre" est d'origine guerrière. Il y a derrière ce mot l'idée de prendre par la force et pas forcément de créer qqch.
L'origine anglo-saxonne est différente et accorde + d'importance au développement.
La création d'entreprise (comme le "site web" il y a quelques années) est devenue aussi une sorte de but. on ne crée pas une entreprise POUR un objectif mais l'objectif est devenu " créer une entreprise" ?!?
Les formations fleurissent sur "lancer sa boîte", "entreprendre" mais rarement sur "gérer" ou "vendre un produit".
Conséquence, plus personne ne parle de clients: l'important est de "lancer", "créer" et advienne que pourra.
Certains théoriciens ou professeurs dans des écoles de commerce affirment même que de la création naîtra la gestion et tant pis si on se plante …
Conséquence autre: plus personne ne cherche à avoir "entrées de sous issues des clients" > "dépenses".
Les étudiants et lanceurs/créateurs de boîtes n'imaginent pas créer une activité sans investisseurs.
La loi les aide puisque la malheureuse TEPA et ses dérives évidentes donnent la possibilité facile d'avoir l'argent de l' ISF avec des conditions qui font que l'objet et la pérennité de l'activité sont très secondaires par rapport au schéma financier et son intérêt pour les intermédiaires de toutes sortes qui sont les grands gagnants de l'affaire avec leurs commissions.
Il résulte de tout ceci qu'au lieu de lever leurs fonds de culotte à la recherche de clients ou de calculer si les sommes gagnées avec les clients seront supérieures aux dépenses, les créateurs/lanceurs d'entreprises sont pour la plupart perdus dans les Executive Summaries, Business Plans et ont comme clients de fait les VCs, investisseurs et financiers.
Si ça marche, malheur à ceux qui se retrouvent à devoir parler à de simples clients, sans powerpoint et sans cravate.
Si ça ne marche pas, c'est à la limite mieux car on peut recommencer un tour (combien de "start-ups" rebondissent d'incubateurs en incubateurs ou de levées de fonds en levées de fonds.. ?) …
…sans compter que socialement, dire "je suis en train de monter une boîte" est bcp plus valorisant et intéressant que de dire "je cherche des clients ou j'essaie de grossir ma marge ou je gère des pbs de m…).
La France cessera d'être faible en PME de toutes sortes le jour où cette culture de la gestion, du résultat sera mise au centre de l'éducation économique et que la rentabilité d'une affaire sera devenu l'objectif, la création devenant un des moyens comme le départ d'une course est un des éléments pour faire un bon temps mais où l'essentiel est la vitesse moyenne sur toute la course.
Voir aussi chez Gymglish et Frenchweb
Entrepreneuriat – Combien avons-nous besoin de
VCs et de levées de fond?




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