Dans le quatuor infernal Justice – Internet – Censure – Fracture Numérique, on avait déjà vu des cas hallucinants avec par exemple le cas décrit dans Condamné pour référencement abusif ?!? Aidons Saveur Bière !
Mais nous ne sommes pas au fond du trou ! Il y a encore une trappe qu'on peut ouvrir pour tomber plus bas comme vient de le montrer l'affaire du restaurant Il Giardino au Cap Ferret contre la blogueuse de "L'Irrégulière"
L'affaire est relatée par Arrêt sur Images http://www.arretsurimages.net/breves/2014-07-08/Critique-de-restaurant-blogueuse-condamnee-id17677
En résumé un cas classique de client blogueur mécontent du service d'un restaurant. Le blogueur ou plutôt ici la blogueuse en parle sur son blog ( article visible sur http://web.archive.org/web/20131204090140/http://leschroniquesculturelles.com/2013/08/24/lendroit-a-eviter-au-cap-ferret-il-giardino/) et le restaurant attaque la blogueuse.
Ce qui est dingue dans cette histoire c'est qu'a priori, selon la blogeuse qui n'a pas été démentie: "Ils ne m'ont même pas demandé de supprimer l'article ou de modifier le titre avant de m'attaquer en référé [procédure judiciaire d'urgence]. J'ai donc été complètement prise de cours et j'ai choisi de ne pas prendre d'avocat pour des raisons pratiques, je n'avais même pas le temps d'en trouver un !"
La blogueuse a elle même décidé de supprimer l'article même si le tribunal ne l'y obligeait pas (seul le titre devait être modifié).
Les gens du restaurant Il Giardino au Cap Ferret disent que l'article en question "relevait plus de l'insulte que de la critique". "La blogueuse est venue une seule fois dans le restaurant : je m'en souviens très bien alors que je sers 300 personnes par jour, c'est vous dire si elle était aimable. Et elle écrit un article où elle qualifie une de mes serveuses de harpie. Je ne peux pas laisser passer ça. Peut-être qu'il y a eu des erreurs dans le service, ça arrive parfois en plein mois d'aout, je le reconnais. Mais cet article montait dans les résultats Google et faisait de plus en plus de tort à mon commerce, alors qu'on bosse sept jours sur sept depuis 15 ans, je ne pouvait pas l'accepter. On peut critiquer mais il y a une façon de le faire, dans le respect, ce qui n'était pas le cas ici. Maintenant la justice s'est prononcé et pour moi l'affaire est close"
On peut s'interroger (car on ne critique pas une décision de justice dans le monde libre :-))) sur la décision du tribunal (les juges ont-ils imprimé l'article via un minitel ou un fax ?).
On peut s'interroger sur le fait que personne n'ait demandé à la blogueuse de retirer son article .
On peut s'interroger sur cette histoire de changement de titre ..
Mais surtout, le vrai scandale à notre humble avis est tout entier dans le bout de phrase de la restauratrice: Mais cet article montait dans les résultats Google ..
C'est Google qui montre le résultat, avec et par ses algorithmes mais c'est le contenu initial qui est "puni".
Personne ne demande à Google de corriger .. Et a priori aucune demande n'a été faite à Google.
Si un film de c.. passe à la télé à 20h, condamne-t-on le réalisateur ou les acteurs ? Non, c'est la chaine de télé qui trinque.
Si un journal de Mickey publie en gros le postérieur dénudé de Neymar ou Ségolène Royal, ce ne sont ni Neymar ni Ségolène Royal qui seront priés de se rhabiller mais le journal de Micket aura des ennuis.
A chaque fois c'est la vitrine VISIBLE directement qui est atteinte.
Là, tout se passe comme si Google était devenu aussi neutre que l'air, la pluie, le brouillard.
Un avion qui s'écrase et l'enquête n'est pas dirigée contre le brouillard ou le vent mais contre les humains.
Google est devenu un Dieu ou tout du moins un des éléments de la nature…
Non seulement, il est donc IRRESPONSABLE mais en plus, sa force est telle qu'il attise encore plus la censure et les problèmes contre les malheureux qui y sont bien considérés .. Le monde à l'envers non ?
La solution ?
Des années avant que la justice n'ait une direction cohérente ..
Des années avant que les organismes à blabla comme le Conseil National du Numérique n'aient une position construite sur le sujet (il faudrait déjà que les entre eux preneurs qui le composent pensent à autre chose qu'à leurs petites affaires entre initiés).
Alors ?
Héberger systématiquement blogs et sites à l'étranger ? Avec anonymat au programme (comme le permet encore la loi et l’article 6, III, 2° de la loi 2004-575 du 21 juin 2004 ) pour les blogs non porfessionnels et gens de paille pour les publications professionnelles ?




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