Les affres du ministère de la Défense avec Louvois (logiciel "contenu" à l'Armée de Terre puisque l'Air et la Marine ont évité de trop tremper ou s'envoler avec Louvois) sont assez pitoyables mais révélateurs aussi du monde à l'envers des grosses SSII.
Outre les soldes non payées, trop payées, mal payées ( 35 millions d'euros de moins perçus sur les paies des soldats, 117 millions à cause de dysfonctionnements de soldes avant la mise en place de Louvois, 106 millions de trop perçus) et l'accentuation de la clochardisation déjà rampante de pas mal de militaires (officiers compris) qui ont du EMPRUNTER, à leurs frais, pour vivre puisqu'ils ne recevaient pas leurs soldes (y compris pour ceux qui sont à l'étranger, en opération et dont les familles restaient sans le sous sur le territoire national) l'addition des soustractions aux soldes de Louvois s'élève pour l'instant (d'après le Figaro) à 470 millions d'euros.
Si le MinDef abandonne Louvois (ce qui semble être décidé), il faudra y ajouter le coût de remplacement mais aussi peut-être une indemnisation (rupture de contrat) pour Steria, la SSII qui a "piloté" le projet.
D'autres SSII étaient au boulot mais Steria était chef de file.
Sans se dégonfler ou se cacher, Steria (qui doit pourtant beaucoup à l'état car l'état l'aide souvent à obtenir des contrats internationaux comme ceux des Jeux Olympiques) ose réclamer de l'argent car le problème de Louvois ne serait pas de son fait mais de celui de la mauvaise gestion humaine de la technologie au sein du ministère de la défense !
Les députés Gosselin-Fleury (PS) et Meslot (UMP) ont établi un rapport sur Louvois et conclu aussi EN PARTIE que la faute est un peu au sein du MinDef et de ceux qui ont encadré, "architecturé" le projet.
Sauf qu'aucun coupable n'a été désigné ..
«dilution des responsabilités, voire impunité qui contribuent à faire de Louvois, à proprement parler, un scandale», critiquent les deux députés . «Il serait scandaleux qu'aucune responsabilité ne soit recherchée. Non qu'il s'agisse de désigner un coupable – ou un bouc-émissaire – à la vindicte de la communauté de Défense; mais il serait inadmissible que l'irresponsabilité devienne la règle dans la gestion des affaires publiques» (cf Le Figaro).
En général, 1 euro de soft = 4 euros de dev, maintenance, sav, etc.. et on sait aussi qu'en France 1 projet informatique commencé sur 2 ne finit jamais ..
Pourtant, les grosses SSII françaises comme Steria croulent sous les bénéfices et la santé financière .. surtout quand elles sont médiocres ..
Fonctionnant à 80% en régie (et pas au forfait), avec des commerciaux qui ne comprennent rien aux projets mais vendent des "compétences" donc des jours/homme, les SSII font leur beurre quand le projet s'enlise, quand le client est au milieu du gué et n'a pas d'autre choix que d'ajouter des hommes et des jours et des hommes et des jours pour arriver à sortir du marécage..
De plus, le client, c'est aussi des hommes qui acquièrent de l'importance dans leur structure quand ils ont des gros bataillons d'informaticiens à diriger.
Mieux vaut aller pour sa carrière à la cantine avec 200 informaticiens en régie pendant 3 ans plutôt qu'avec 50 pendant 6 mois..
En bref, plus le projet s'enlise, plus la SSI gagne .. et le jackpot est atteint quand le projet dure tellement longtemps qu'à la fin, tout le monde l'a oublié et que quand enfin il s'arrête, on constate une économie l'année n+1 (puisqu'on ne dépense plus d'argent pour le projet) , économie qu'on attribue au .. projet .. (ah qu'est-ce qu'il marche bien cet erp, ils nous a permi stant d'économie, regardez notre bénéfice .. QUI pensera à dire "ben oui banane les x jours/homme payés à Steria ou Altran ou Alten qui nous coûtaient depuis 5 ans n'y sont plus ).
Combien réclamera Steria et combien et quand sera-t-elle payé ? On peut parier que l'affaire sera très discrète mais le contribuable mettra la main à la poche. Et sa seule façon de récupérer son argent sera de jouer en bourse sur une progression du titre Steria …
Et ceci d'autant plus que du côté de l'armée de terre, tout est fait pour qu'aucun responsable ne soit trouvé (comme dans l'affaire du contrat Microsoft où malgré l'unanimité des avis qui recommandaient le passage au logiciel libre comme l'a déjà fait la gendarmerie, un général a décidé de rester avec Microsoft, au mépris de toutes les règles de sécurité et d'économie mises en avant par la doctrine officielle, cf L'armée française est-elle dirigée par Microsoft ? ).
Toutes les protestations contre Louvois et ses dysfonctionnements ont été étouffées par la hiérarchie avant que le ministre Le Driant soit alerté directement à Varces le 17 septembre 2012.
L'histoire du logiciel Louvois n'est pas récente comme le raconte http://defense.blogs.lavoixdunord.fr/archive/2013/04/18/louvois.html
Certains des initiateurs et décideurs du projet dans ses phases antérieures ont depuis gravi des échelons et il serait malheureux pour eux de se voir rappeler les mauvaises décisions qu'ils ont pris à l'époque (Les marchés du projet Louvoisont été confiés en 2007 et 2008 à Steria (architecture du système et raccordement au noyau commun), Eurogroup et MC2I (maîtrise d'ouvrage)) et l'Armée a toujours eu comme glorieuse tradition de ne jamais critiquer ou sanctionner quelqu'un qui a un bon parcours officiel (car dans sa logique, ce serait avouer que le système s'est trompé auparavant …) d'où une reproduction interne du système avec lui-même, les nouveaux, choisis par les anciens, s'appuyant mutuellement avec leurs parrains, au sein de véritables écuries ..
Comme le dit Newsnours.com : A la limite il serait rassurant de découvrir un jour que des gens ont été payés pour accepter Louvois .. Sinon, ça veut vraiment dire que certains de nos militaires sont vraiment des demeurés..





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