L'armée française est en ce moment au milieu du gué. Non pas à cause de son budget (+ ou – de 1,5% du PIB; que faire avec, etc..) mais à cause de l'évolution de la guerre.
La guerre de l'information, la cyberguerre qui pour certains ont déjà commencé sont-elles dans le périmètre de l'armée française ou doivent-elles être sorties pour être traitées par une force spéciale ?
Bien sûr, chaque composante de la défense nationale ayant + ou – de relations avec ce nouveau type de problèmes tente de faire son trou et de revendiquer sa légitimité (et les crédits qui vont avec ou vont devoir aller avec).
Les différents services + ou – secrets, la gendarmerie, l'ANSSI (qui normalement a été créée pour ça) se tirent la bourre dans la plus pure tradition française et dans l'intérêt des chefs qui ne comprenant en général absolument rien aux problèmes de guerre de l'information ou de cyberguerre adorent diviser pour régner…
L'armée "classique" se tâte aussi. Thales et Sogeti ont décidé de cofinancer la première chaire française de cyberdéfense des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan rappelant au passage la devise de cette école "ils s'instruisent pour vaincre" mais l'historien se rappellera qu'à la création de St-Cyr, Napoléon avait aussi créé Polytechnique pour former ailleurs et autrement les spécialistes en la nouveauté de l'époque: l'artillerie…
Pendant ce temps, toujours aucune solution française sérieuse de cloud (voir Cloud: sommes nous déjà tous américains ? et Et si l' hébergement de données et le Cloud étaient la nouvelle mesure de puissance d' une nation ?) et surtout
5 sociétés US (Twitter, Facebook, Apple, Google et Amazon) contrôlent l’accès à l’information
article à lire, relire et diffuser !!!
Dans ce contexte, la sorte de scandale qui semble vouloir éclater depuis peu, est très intéressante.
Le scandale est que l'Armée Française semble pieds et poings liés à Microsoft !
Le Canard Enchainé a relancé le scandale mercredi dernier avec un article au titre évocateur 'L'armée capitule face à Microsoft" où le général Patrick Basin, chef de la Dirisi (Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information ) semble s'être assis sur les arguments d'experts militaires, l'absence de rentabilité, le danger connu de voir le système pénétré par la NSA, l'absence d'appel d'offre, le type de contrat avec une entité de Microsoft "offshore" (l'accord a été signé avec la filiale irlandaise de l’éditeur américain alors que Microsoft a une entité en France ) et les instructions de la circulaire d'Ayrault demandant à passer aux logiciels libres pour choisir Microsoft ..
Tel Mediapart, le vinvinteur en a fait toute une émission et a publié tous les documents et arguments sur http://levinvinteur.com/larmee-accro-a-microsoft/
Un député UMP (la décision de ne pas faire un appel d'offre à été prise "sous" Hervé Morin et Sarkozy) déplore l'abandon fait à Microsoft: Bernard Carayon (UMP) Armée/Microsoft : « Quand on n’a plus le choix on perd ses libertés »
PCinpact a aussi publié il y a longtemps déjà 2 bons articles sur ce sujet:
http://www.pcinpact.com/news/77280-quand-contrat-entre-microsoft-et-defense-prenait-coups-canon.htm
Lisez vraiment toute cette histoire, c'est assez inquiétant. Hors de toute émotion, à froid, Microsoft est plus dangereux pour la sécurité nationale dans ce contexte qu'une dizaine de Mohamed Merah non ?
L'embrouille semble vraiment forte puisque pour ce contrat ni l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), ni la Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (DISIC), chargée de coordonner les actions des administrations en matière de systèmes d’information (notamment en matière d’interopérabilité, et de sécurité) ne semblent avoir été contactées pour donner leur avis .. (toujours le concept du "pré carré").
La gendarmerie, qui a adopté les logiciels libres et fait des économies, fait silence sans s'exprimer sur cette histoire ..
Finalement, ce n'est pas un hasard si les meilleurs de ST-Cyr choisissent en sortant la gendarmerie ;-))




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