Dans un article du Figaro économie du 15 octobre, Robert Papin, présentant son nouveau livre « Le Nouveau Manager » parle comme d’habitude des aspects concrets de l’entreprise (tpe et pme).
Dans le contexte finissant de l’offensive des pigeons (fomentée par des revanchards de mai 2012, des libéraux qui veulent peser à l’ UMP et des financiers qui ont peur de voir s’éteindre la poule aux oeufs d’or de la start-up patate chaude – aidés par de gros moyens financiers qui leur permettent d’avoir une agence de comm dédiée à leur mouvement et faisant faire à leurs intervenants dans les medias des « media training » tout en envoyant des dossiers complets de leurs opposants à certains journalistes -avec comptabilité et détails des contrats éventuellement passés avec l’administration 😉), voilà qui est rafraichissant d’entendre le fondateur d’HEC-Entrepreneurs (-mis à la retraite à HEC il y a quelques années par des « que profs » qui maintenant sont eux aussi dans la main des financiers et forment des générations qui savent faire des power points de levées de fonds mais pas de facture ni lever leurs fonds de culotte – non ne rigolez pas, essayez de faire faire à un étudiant sortant d’HEC une simple facture …)) parler d’autre chose que de sous en ce qui concerne l’entreprise.
Comme toujours pour Robert Papin, le plus important est la mentalité (et heureusement que certains de ses anciens élèves maintiennent le flambeau comme l’excellent Michel de Guilhermier) et dans cet article du Figaro, il parle de courage et créativité:
Rechercher de nouveaux marchés ou de nouveaux produits ne requiert aucune connaissance spécifique en management mais il faut du courage pour fournir un effort inhabituel de réflexion sur ses motivations, du courage aussi pour cultiver l’imagination et l’agilité mentale qui permettront de transformer ces opportunités en projets concrets.
Motivations: si la motivation du chef d’entreprise ou de l’entrepreneur est l’argent, très bien mais ceux dont c’est le cas ne peuvent-ils pas accepter qu’il y ait d’autres motivations et que l’argent ne soit pas LA valeur de toutes et tous ? Dans le cas des pigeons, le fait de vouloir assimiler TOUS les entrepreneurs et créateurs d’entreprise au modèle start-up à la française (« à la française » car vous aurez remarqué que parmi les pigeons, il n’y a aucun google, facebook, ebay et autres succès mondiaux) n’est-il pas un peu aussi la peur de ne pas être suivis dans leur idée de revente et de gain financier via celle-ci par d’autres, créant alors une brèche dans ce manège entre investisseurs spéciaux et start-uppeurs qui est condamné sans afflux permanent de nouvelles pousses pour alimenter cette véritable pyramide de Ponzi ?
S’interroger sur ses motivations et risquer de ne pas en trouver nécessite du courage, ne serait-ce que celui nécessaire pour éviter l’autoroute tracée des moutons et de la pensée unique de l’enrichissement vendu dans les medias.
Combien d’ex entrepreneurs se retrouvent à 60 ans en crise personnelle car leur aveuglement et leur course à l’enrichissement « comme les autres » les ont empêcher d’avoir une vie personnelle mieux remplie et avec moins d’échecs que celle qu’ils ont vécu ?
Passer par exemple plus de temps avec ses enfants qu’avec des investisseurs ou du travail ch.. mais qui « permettra dans quelques années de vendre la boîte » n’est-il pas une chose à laquelle il faut réfléchir ?
effort inhabituel de réflexion: le fait de choisir le power point, le report à des actionnaires investisseur, le travail sur des tableaux de trésorerie à 3 ans, des calculs hasardeux de prévisions et d’avoir comme véritables CLIENTS DANS LES FAITS ses investisseurs plutôt que les vrais clients n’est-il pas un manque de courage ?
Certes, le startuppeur de ce type passera des heures sur ses tableaux et sur sa « réflexion stratégique » mais ces heures de basse besogne ne sont-ils pas le moyen efficace d’échapper à la vérité dos au mur de la recherche de clients qui paient et qui font faire du bénéfice à l’entreprise ?
Regardez dans ces salons ces start-ups dont les patrons tournent physiquement le dos aux prospects et ne parlent que de levées de fonds et de leur « modèle » !
Un autre exemple concret ? Voici comment le fonds ISAI définit le poste de son directeur:
Mission :
– Reprendre
et finaliser le BP
– Définir
les milestones (budget, objectifs commerciaux)
– Piloter
le développement commercial (direct, indirect via des agences, régies
etc…)
– Négociation
et mise en œuvre de partenariat stratégique
– Optimiser
l’extraction de valeur (monitoring des KPIs)
Expériences pertinentes :
– Vente
à des ecommerçants (software/service/outil d’acquisition de
trafic)
– Média
/ régie / affiliation
– Solution de CRM/marketing direct, social marketing, retargeting,
data/ad-exchange
Compétences recherchées :
– Précis
et rigoureux gestionnaire (business)
– Sens
de l’urgence et du résultat (commercial)
– Fin
stratège et bon tacticien (marketing)
– Entrepreneur
à fort potentiel : participation au board, relations avec les investisseurs
(management)
–> pas une seule fois n’est exigée, demandée une curiosité ou une inventivité pour le marché des sociétés financées…
Si un tel investisseur ne se soucie pas du client final, sa créature, la start-up dans laquelle il investit s’en souciera-t-elle ?
Si un tel investisseur met tant l’accent sur le reporting, sa créature, la start-up dans laquelle il investit POURRA t-elle avoir d’autres objectifs que d’alimenter cet hydre ?
Robert Papin parle aussi dans cet article du Figaro de la mobilisation et motivation des employés.
Celle-ci peut-elle se faire quand l’objectif est de rendre heureux l’investisseur dont la carotte ne concerne que le dirigeant et quelques cadres ?
Des employés peuvent-ils être fiers d’une entreprise dont ils sentent ou savent que l’avenir est une vente ou revente ?
Courage et créativité, c’est aussi pour l’entrepreneur de considérer les fonds d’investissement comme des prestataires de services de son projet, ni plus bas ni plus haut que l’imprimeur, l’avocat, le comptable.
Vous en doutez ?
Lisez In the Plex qui raconte la création de Google:
et lisez bien sûr les ouvrages de Robert Papin:





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