Monsieur Chamboredon a donc écrit une tribune dans la Tribune, s’érigeant en juge de Tribun..al pour juger et condamner une partie de la loi de finances avec un art certain du sophisme.
Le titre de la tribune de Mr Chamboredon est « Une loi de finances anti start-up ?« .
Peu à peu au fil du texte, on passe de « start-up » à « PME de croissance » puis à « entrepreneurs ».
Et tout ça avec les figures de style qui marchent en ce moment, le style « Copé » consistant en gros à répéter les choses sans les démontrer à grands coups de:
– je veux juste dire que
– mes amis et moi
– j’ai juste une question
– nous sommes très inquiets
A partir de cette tribune, relayée rapidement par quelques « amis » de Mr Chamboredon, s’est créée à partir de vendredi et le week-end qui a suivi, une « communauté » de pigeons (facebook, twitter et même un site) –bien sûr une « communauté » est définie dans ce monde très rigoureux par le nombre d’abonnés twitter et de like facebook ;-))
Comme c’est étrange que cette affaire de « pigeons » se lance la même semaine que le « racisme anti-blancs » de justement JF Copé 😉 Remplacez dans chacune des proclamations des hérauts de ces 2 concepts l’un par l’autre et vous aurez .. la même chose.. Les analystes qui s’intéressent plus de savoir « pourquoi ceci est sorti à telle date » que « de quoi ça parle » auraient vraisemblablement du grain à moudre 😉
Pour en revenir à Mr Chamboredon qui s’arroge avec ses amis le droit de parler des entrepreneurs et des PME, faut-il lui rappeler que l’immense majorité des TPE et PME en France ne sont pas des « start-up ».
Un entrepreneur n’est pas forcément un membre de la clique des entre eux preneurs qui ne conçoivent la création d’entreprise que pour revendre celle-ci à un gogo étranger crédule, à une société qui a besoin d’acheter des sociétés pour maintenir son cours de bourse ou à un fonds d’amis d’amis largement arrosés par au mieux de la consanguinité et au pire de la corruption.
L’immense majorité des tpe et pme est financée en France par le bénéfice des CLIENTS et non par des fonds d’investissements ou des individus qui en cas de problèmes refilent le bébé aux fonds où eux ou leurs amis travaillent histoire de ne rien perdre et même gagner personnellement …
Les paysans sont passionnés par leurs vaches et leurs cultures. Les boulangers par le pain et les gateaux qu’ils fabriquent. Les vrais entrepreneurs et créateurs par ce qu’ils créent. L’argent n’est qu’une conséquence ou qu’un moyen sauf si ils sont passionnés par lui mais alors qu’ils se déclarent banquiers ou financiers.
Tout ça pourtant Mr Chamboredon le sait puisqu’il est plus financier qu’entrepreneur et qu’après des années chez 3I, investisseur notamment chez Price Minister (une société qui n’a jamais publié ses bilans en 10 ans et n’a jamais gagné d’argent en exploitation), il en est parti pour diriger un fonds d’investissement lancé entre autres par le dirigeant de Price Minister qui fut vendu peu de temps après.
Comme la très grande majorité de tous les geignards du « mouvement » des pigeons, avec des symboles comme Beigbeder, Chappaz et autres, a-t-on là des gens qui ont créé une société pour faire vivre un service ou développer une technologie ou un produit ?
Non, même si beaucoup d’entre eux abusent et détournent l’esprit du crédit impôt RECHERCHE, bien souvent, ces gens là créent des entités (entreprise n’est un mot valable dans leurs cas que dans son premier sens guerrier français) dans le but même déclaré de les revendre dès que possible, utilisant donc toute leur intelligence et énergie à « habiller la mariée » et à « séduire le marché ».
L’immobilier subit la même vague. Dans ce milieu, on n’achète pas ou ne construit pas d’immeubles pour les louer et gagner sur les revenus des loyers: on achète ou on construit pour revendre tout en alimentant le marché de l’ immobilier pour qu’il augmente (tuant d’ailleurs l’intérêt de la location qui quand on la rapporte à la valeur marchande de l’ immobilier montée par les opérations des marchands du temple n’atteint même pas les 3%).
Les vrais clients de ces « entrepreneurs » là ne sont pas les clients du produit ou du service qu’ils ont bien souvent copié ou cloné mais ce sont les investisseurs ou acheteurs potentiels de la « boîte ».
La réussite chez eux est atteinte quand « il a vendu sa boîte » même si la boîte en question est un sac troué qui prend l’eau et ne vit que par des subventions, une loi spécifique et de l’argent d’actionnaires qui bien souvent en France préfèrent continuer de payer plutôt que de montrer publiquement qu’ils ont investi dans un pétard mouillé.
Leur modèle, ce sont les joueurs de main chaude ou gagnants de la spéculation des tulipes et si Bill Gates, Sergey Brin ou d’autres vrais entrepreneurs reviennent souvent dans leurs discours, ils semblent oublier que ces gens là ne vendent pas leurs sociétés ..
Comme il est comique de voir d’ailleurs que le « mouvement » Défense Pigeons s’est monté comme quand il fallait d’urgence pourrir le magazine Capital qui avait eu l’audace de montrer ce qu’il y avait réellement derrière la vitrine de Chappaz et d’autres: Pauvres petits Chappaz et Ohayon qui se plaignent de Capital
Les « pigeons » (est-ce un acte manqué d’avoir choisi un oiseau qui aime la m.. 😉) de Défense Pigeons ont donc peur de l‘alignement de la fiscalité du patrimoine sur le travail (oubliant au passage les exceptions pour les actionnaires réinvestissant une part de leur plus-values dans un fonds ou une entreprise, l’abattement proportionnel et progressif en fonction de la durée de détention des titres, le maintien de l’ ISF PME et du Madelin).
Ceci était une promesse du candidat François Hollande.
Alors donc
Messieurs Chamboredon ou Chappaz ne l’auraient appris que récemment ?
Si cela peut s’expliquer pour le second qui vit en Suisse … cela est
étrange pour le premier.
Qui peut à la fois dans un discours valoriser le travail 70 heures par semaine et la France qui se lève tôt et être gêné par l’aligement de la fiscalité du travaiil sur le capital ?
Les financiers bien sûr, ceux qui vivent d’opérations financières sans but de véritable investissement productif à terme (on adore d’ailleurs la « sortie » qui est une finalité ); opérations financières qui à notre époque prennent une part monstrueuse dans la chaine de valeur par rapport à leur valeur intrinsèque.
Que Mr Chamboredon qui sait compter nous conte dans une tribune le pourcentage du bénéfice total que prend la finance entre la pomme de terre et la frite vendue chez McDo ou la manière dont des « start-up » qui ont fini au tribunal pour que celui-ci officialise le non paiement de leurs dettes ont quand même enrichi leurs investisseurs.
Le plus comique, c’est que finalement en rouspétant contre la loi de finance et cet alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail, ces pigeons ne semblent pas vouloir faire leur la devise de celui qui les a tant enrichis.
Ben oui, en voulant garder une fiscalité allégée pour le capital, il ne semble pas que devoir « travailler plus pour gagner plus » leur plaise beaucoup 😉
Mais ça, on savait déjà que dans certains esprits, le sujet des 2 verbes n’était pas le même 😉
Quand à la sous-pigeonnerie de ceux qui se présentent en défenseurs des auto-entrepreneurs .. Les a-t-on entendu quand ne pas faire du tout de chiffre d’affaires en tant qu’auto-entrepreneur permettait quand même de valider un trimestre de retraite ?
Qu’ont-ils à répondre aux artisans déclarés qui subissent leur concurrence déloyale en jouant sur la TVA quand les clients sont des particuliers ?
Comment oser prétendre qu’un auto-entrepreneur qui réussit n’a pas plutôt intérêt à agir en SARL (et même en EURL), entité qui se crée en moins d’une semaine, avec 1 euro de capital ?
Faut-il nier les chiffres et statistiques de ce statut d’auto-entrepreneur qui montrent clairement que ça ne marche pas, ce qui n’est pas étonnant puisque ce statut n’était que le réhabillage marketing de la micro entreprise du libéral Madelin, ministre de l’économie en 1986, elle aussi passée à la trappe ?
Pour en revenir aux auto-proclamés pigeons, finalement c’est un bon nom pour ces entre eux preneurs. Les pigeons ne sont-ils pas ceux dont les chiures abiment le ciment, les murs, les toits que construisent de vrais entrepreneurs … de maçonnerie ?
Quel dommage qu’à l’occasion de cette loi de finance et de la grande peur actuelle, les coups de gueule ne soient pas des propositions pour réellement améliorer et simplifier le travail dans les pme (par exemple simplification de la comptabilité obligatoire pour les TPE pour qui être dans l’obligation d’établir un bilan 4 ou 5 mois après la fin de l’année est un truc absolument inutile, encadrement des prix des comptables dans les cas les plus simples, régulations des tarifs « entreprises » qui sont souvent plus élevés sur les tarifs « particuliers » pour le même service, réflexion sur la « judiciarisation qui permet à tout un tas d’arnaqueurs et à des baveux marchands du temps et du temple de prospérer et de couler des sociétés par des attaques judiciaires et procès chronophages et sans fond, etc..) et augmenter la véritable valeur ajoutée plutôt que d’aller pleurnicher pour garder la part de valeur qu’enlèvent les financiers (car on a compris que l’alignement de la fiscalité du capital sur le travail risque surtout d’empêcher les intermédiaires financiers qui se sucrent sur chaque transaction d’aligner voitures allemandes, les clubs de golf et les week-ends exotiques ou alpins ..).
Ajoutons que l’argument des pigeons selon lequel cela tue l’envie de s’enrichir des entrepreneurs est fallacieux puisque les dividendes sont plus ou moins toujours taxés de la même façon (avant 36,5%, maintenant 40,2%).. On en revient donc au fait que les pigeons sont un mouvement poussé par la finance et la finance qui fait uniquement des coups, sans vision à long terme et sans in vestissement pérenne, la finance « la vérité si je mens » parfaitement décrite dans les 2 vidéos qui suivent:




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