"Le meilleur moment de l'amour, c'est quand on monte l'escalier" disait Clémenceau.
Beaucoup de start-ups et l'actuel président de la république, semblent avoir être coincés dans une ornière conséquente à cette idée 😉
En regardant Nicolas Sarkozy hier soir, qui ne s'est pas demandé à moment donné "quid de son bilan depuis 2 ans et demi ?" ou "Pourquoi parle-t-il encore comme un candidat ? "..
Rien de surprenant puisque Nicolas Sarkozy l'a dit et répété des dizaines de fois: la dernière marche était son élection .. ce qui voulait quelque part dire que derrière, il n'y avait rien d'intéressant ….
Ce qui concerne Nicolas Sarkozy regarde les électeurs.
Pourtant cette préférence de la "montée vers", de "l'élection" alors que l'essentiel, le plus important est APRES, n'est pas une maladie uniquement politique.
C'est aussi une des maladies actuelles des start-ups et notamment celles montées (;-))) par des étudiants ou de jeunes diplômés de Grandes Ecoles.
Qu'apprend-on en effet dans les Grandes Ecoles qui se targuent de pousser , de provoquer la création d'entreprise ?
Apprend-on à gérer des sociétés ? à trouver des clients ? à faire des factures ? à faire des fiches de paies ? à surveiller ses coûts ? .. presque pas .. (faites l'essai si vous avez un jeune HEC, ESCP ou ESSEC près de vous: demandez lui simplement les mentions obligatoires d' une facture ou d'une fiche de paie ;-))
On apprend à faire des business plans, des executives summaries, des plans stratégiques, des présentations ppt, etc..
Les écoles forment des gens qui adorent et savent monter une boîte .. mais n'ont aucune idée ou aperçu de ce qu'il faut faire après.
Pour beaucoup d' entrepreneurs de start-ups, la première source de financement d'une entreprise , ce sont les investisseurs, les actionnaires, les aides et non l'argent des bénéfices faits en vendant des produits ou services à des clients.
Beaucoup d'entrepreneurs savent faire des certificats d'investissement ISF mais n'ont pas la moindre idée de la facturation de la TVA pour un client irlandais, réunionnais ou belge établi aux USA.
Quand la boîte est montée, il faut la gérer et c'est là que les difficultés commencent. Que faire de l'argent "levé" ? Comment passer de discussions d'investissements et de plans sur la comète à des appels téléphoniques de polyonautes mécontents ou de clients demeurés ou attardés ?
Comment passer de discussions d'investissements dans des bureaux feutrés à des discussions sordides sur les horaires avec Albert qui passe 1 heure à fumer sa clope 3 fois par jour ?
Comment passer de tentatives de sioux pour rencontrer tel homme d'affaires investisseur dont les journaux parlent aux tentatives désespérées pour trouver UNE personne qui arrive à écrire 2 phrases sans fautes d'orthographe ?
Hé oui, tout le plaisir est dans la montée mais le problème est que la véritable activité économique se crée ensuite.
Certes quelques malins arrivent à ne vivre que dans la montée en expliquant comment la faire et en ne faisant que ceci depuis des lustres. (C'est marrant de voir à quel point les héros "entrepreneurs" des medias sont toujours les mêmes alors que paradoxalement ces mêmes personnes n'ont jamais gagné 1 euro en exploitation et ont toujours été dépendantes du bon vouloir et de l'argent de leurs investisseurs et de l'oublie des dettes passées dans l'activité de l'année ;-))) mais l'économie française dont on déplore le faible nombre de PME ne se développera pas tant qu'on accentuera pas le savoir faire sur la gestion et l'acte lui-même plutôt que sur la montée.
Notons aussi que ce sida mental qui fait préférer la montée à l'action elle-même est assez cousin d'une autre maladie "l'important c'est de participer" ( on est arrivé à s'en débarrasser en sport où la "gagne" est devenue le but .. mais quelques politiciens continuent d'arriver à leurs fins en se montrant en train de relever les manches et de parler du problème .. car quelques uns croient alors que le problème est résolu ;-)))
Heureusement quand même pour notre survie, manger est resté plus important que mettre la table 😉




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