Source: OCDE
Version russe: http://www.oecd.org/dataoecd/32/37/32517767.pdf
Version anglaise: http://titania.sourceoecd.org/upload/1004111e.pdf
Etude économique de la Fédération de Russie, 2004
Le principal défi que la Russie doit relever sur le plan économique
est de faire en sorte que la croissance se poursuive sur le long
terme de manière à rapprocher assez rapidement les niveaux de vie du
pays de ceux des économies de l’OCDE. Les principales difficultés
qu’elle doit surmonter pour ce faire tiennent à la structure de son
économie. Celle-ci est aujourd’hui étroitement tributaire de
l’exportation d’un éventail restreint de ressources naturelles,
essentiellement des hydrocarbures et des métaux, ce qui ne va pas
sans poser un certain nombre de problèmes spécifiques. En
particulier, du fait de sa dépendance à l’égard des ressources
naturelles, l’économie russe est particulièrement vulnérable en cas
de chocs extérieurs. On ne saurait donc trop insister sur
l’importance de politiques macroéconomiques prudentes, dans la mesure
notamment où le budget est largement financé par des taxes sur les
ressources naturelles et subit donc les effets de l’instabilité des
prix de l’énergie. En conséquence, une discipline exemplaire est
essentielle, notamment dans le domaine budgétaire, pour que la Russie
soit moins soumise aux effets des cycles des prix des produits de
base. Néanmoins, si la dépendance à l’égard des ressources naturelles
s’accompagne de certains risques macroéconomiques, l’évolution future
de l’économie continuera de dépendre largement dans l’avenir
prévisible des résultats des secteurs qui exportent ces ressources.
La réforme du secteur du gaz naturel est en conséquence une priorité
urgente. En l’absence de réformes substantielles, l’industrie du gaz,
qui est déterminante aussi bien pour les exportations que pour
l’économie intérieure, pourrait bien rester stationnaire ou décliner.
Sur le plan structurel, les principales tâches auxquelles les
autorités russes sont confrontées sont la restructuration des grands
monopoles d’État dans les secteurs de la banque, de l’énergie et du
gaz naturel, et la mise en place de cadres juridiques et
réglementaires assurant tout à la fois une véritable concurrence et
une réglementation efficace. La réforme de ces secteurs devrait
permettre une meilleure affectation des ressources dans le secteur
bancaire, en favorisant le développement de mécanismes efficients
d’intermédiation financière, et dans les secteurs de l’électricité et
du gaz, en mettant un terme aux subventions implicites qui résultent
de la fixation des prix à des niveaux trop faibles pour couvrir les
coûts à long terme. Le fait que ces trois secteurs devront être
passablement réglementés même après avoir été réformés rend d’autant
plus pertinentes les questions touchant la compétence et l’intégrité
des institutions publiques et met en lumière les difficultés à
surmonter pour opérer une réforme de l’État. Sans amélioration
substantielle de la probité, de l’efficience et de la transparence
des tribunaux, de l’administration et des autres institutions
publiques, la mise en œuvre des réformes structurelles sera
extrêmement difficile et l’État lui-même continuera d’exercer un
effet de freinage significatif sur la croissance.





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