Anthropic, Claude, et leurs créatures ont provoqué un petit séisme la semaine dernière, allant même jusqu’à faire baisser pas mal de valeurs boursières. Et puis, OpenAI et autres ont réagi.
La cause de tout ceci: une sorte de nouvelle génération, de nouvelles possibilités de l’IA (en l’occurrence Claude et ensuite ses concurrents, en réaction) à AGIR et pas seulement répondre.
De l’idée générale où tous les logiciels, progiciels, etc.. allaient intégrer l’IA, on est parti vers une évolution où un agent IA devient une sorte d’OS intelligent et ACTEUR de chaque ordinateur et même dans le « cloud » au sein des fichiers, des programmes, etc..
Conséquence 1: fin des progiciels, logiciels, etc..
Conséquence 2: fin des besoins de raisonnement, d’apprentissage, etc..
Bref, un gros bouleversement qu’explique assez bien la vidéo postée à la fin de cet article (30 minutes mais prenez le temps de bien la regarder et écouter .. sans la faire résumer par chatgpt ou notebooklm 😉)
Pour en revenir au concret, que peut-on faire donc de NOUVEAU avec Claude, OpenAI et autres ?
Déjà, on parle du monde des « agents IA », une expression qui veut un peut rien et tout dire tant elle est utilisée. En pratique, un « agent IA » est simplement un « truc » qui accomplit des tâches concrètes dans le monde numérique, comme réserver des voyages, créer des rapports clients ou automatiser des analyses publicitaires. Oui OK, pas mal de logiciels ou d’algorithmes … sont des agents IA ou « vendus » comme tels…
D’ailleurs, il est souvent très compliqué de faire la différence entre un algorithme et un machin IA..
Claude propose 2 types d’agents IA:
• Subagents (Sous-agents) : ils travaillent de manière isolée et rapportent uniquement à l’agent principal. Ils sont parfaits pour des tâches simples et ciblées.
• Agent Teams (Équipes d’agents) : les agents communiquent directement entre eux, partagent une liste de tâches commune et collaborent pour résoudre des problèmes complexes nécessitant des discussions (ça c’est nouveau).
Pour activer cette nouvelle possibilité, dans le fichier de paramètres (settings.json), ajouter la ligne "CLAUDE_CODE_EXPERIMENTAL_AGENT_TEAMS": "1"
MAIS ATTENTION:
- outre le fait que comme d’habitude avec l’IA, il faut être mega rigoureux dans les prompts et avoir une structure « carrée » pour ceux-ci, le système « bug » car il est nouveau donc il faut l’utiliser sur des tâches simples dont on peut vérifier le résultat
- la consommation de tokens peut s’envoler: utiliser une équipe coûte beaucoup plus cher, car chaque agent est une session Claude distincte. Il est recommandé d’avoir un forfait « Max » ou d’utiliser l’API pour gérer les coûts qui peuvent grimper rapidement
Et OpenAI ?
OpenAI a lancé Frontier, une plateforme qui gère les agents d’IA comme des employés. Elle propose l’intégration (onboarding), des évaluations de performance et des contrôles d’accès : les mêmes systèmes que les entreprises utilisent pour les travailleurs humains.
La plateforme est ouverte. Elle gère des agents créés par n’importe qui, pas seulement par OpenAI. Cela signifie que si Frontier devient la norme, OpenAI contrôlera la manière dont les entreprises déploient l’IA, même lorsqu’elles utilisent les modèles de Google ou d’Anthropic.
HP, Oracle, State Farm et Uber l’utilisent déjà.
Gartner affirme que la gestion des agents est « l’immobilier le plus précieux de l’IA ». Salesforce l’a bien compris et a lancé Agentforce. LangChain a levé 150 millions de dollars dans ce secteur. Désormais, OpenAI entre en scène avec un atout qu’aucun concurrent ne possède : à la fois les modèles de pointe et les relations avec les grandes entreprises.
Pourquoi est-ce important ?
Cela change l’identité du gagnant de l’IA. Ce n’est plus celui qui construit le chatbot le plus intelligent, mais celui qui construit l’infrastructure dont les entreprises ne peuvent plus se passer.
OpenAI construit pour les agents d’IA la couche opérationnelle où le déploiement a lieu, là où l’accès est contrôlé, là où les entreprises gèrent des centaines de travailleurs d’IA à travers leur organisation.
Si les entreprises se standardisent sur Frontier, OpenAI gagne même quand leurs modèles perdent. Ils n’ont pas besoin de la meilleure IA. Ils ont besoin de la plateforme sur laquelle toute l’IA fonctionne.
La compétition vient de passer de « construire une meilleure IA » à « devenir l’infrastructure sur laquelle l’IA fonctionne ». L’infrastructure bat l’innovation lorsque l’adoption massive se produit.
Frontier a 2 conséquences concrètes (parmi d’autres):
- Collaboration vs Silos : Alors que les méthodes traditionnelles faisaient travailler les agents en silos, les nouvelles structures (comme les « Agent Teams » de Claude ou Frontier d’OpenAI) permettent une collaboration directe et un partage de contexte.
- L’enjeu des coûts : La gestion centralisée via une plateforme comme Frontier devient cruciale car l’utilisation d’équipes d’agents consomme énormément de jetons (tokens), ce qui peut coûter des centaines de dollars par jour si ce n’est pas surveillé de près.
Maintenant pour bien comprendre qu’est-ce qui est quoi, dans le fatras des annonces et des blablas: Claude Code vs Claude Cowork vs OpenClaw
Les 3 capacités qui ont changé:
- IA Proactive : Le ChatGPT auquel vous êtes habitué attend des instructions. La nouvelle génération d’outils agentiques n’attend pas. Elle s’exécute selon des horaires, agit en fonction de conditions et vous alerte quand quelque chose nécessite votre attention.
- Exécution Parallèle : Auparavant, nous exécutions une tâche à la fois. Maintenant, je fais tourner plusieurs agents simultanément sur différentes parties d’un projet.
- Systèmes Multi-Agents : Nous voyons maintenant des systèmes d’agents se passer le travail les uns aux autres. Un agent d’approvisionnement peut passer le relais à un agent de paiement qui coordonne avec un agent de conformité.
Claude Code
- Qu’est-ce que c’est : c’est un outil de codage en ligne de commande (terminal). Il peut lire, créer, modifier et organiser des fichiers, écrire du code, exécuter des tests, publier sur GitHub, créer des Google Sheets, etc.
- Avantages clés : Il a un accès complet au système (votre ordinateur entier) et comprend le contexte global du projet. Vous pouvez créer des commandes et des agents en langage naturel.
- Inconvénients : L’interface terminal est intimidante. Il nécessite un compte « Max » (100 à 200 $/mois).
- Quand l’utiliser : Si vous êtes développeur ou à l’aise techniquement. Idéal pour construire des fonctionnalités ou automatiser des flux de travail de développement.
Claude Cowork
- Qu’est-ce que c’est : La version « facile » de Claude Code, sortie en janvier 2026. Il vit dans l’application de bureau Claude et offre une interface visuelle plutôt qu’un terminal. Vous lui donnez accès à un dossier spécifique ou à votre bureau.
- Avantages clés : Aucune compétence en codage requise. Il possède des « Compétences » (Skills) intégrées pour Excel, PowerPoint, Word et PDF. Il existe des plug-ins pour l’analyse de contrats ou les RH. Pairé avec Chrome, il peut accomplir des tâches nécessitant un accès au navigateur.
- Inconvénients : Quelques bugs (« rough edges »). Uniquement sur macOS pour l’instant.
- Quand l’utiliser : Professionnels qui veulent l’automatisation sans toucher au terminal. Idéal pour organiser des fichiers ou traiter des reçus.
OpenClaw (Anciennement MoltBot/ClawdBot)
- Qu’est-ce que c’est : Un assistant IA personnel open-source qui fonctionne localement sur votre matériel et se connecte à vos messageries (WhatsApp, Slack, etc.). Il est agnostique vis-à-vis du modèle (Claude, GPT, local).
- Avantages clés : Mémoire persistante, accès complet à l’ordinateur et comportement proactif (s’exécute toutes les 30 min sans instruction).
- Inconvénients : Risques de sécurité significatifs (appelés « trifecta létale » par Palo Alto Networks). Installation complexe. Risques d’injection de 91,3 %.
- Quand l’utiliser : Utilisateurs experts ou développeurs qui veulent une personnalisation maximale et privilégient le local. Risque trop élevé pour les utilisateurs non techniques actuellement.
Moltbook: réseau social pour agents
Moltbook est un réseau social de style Reddit réservé aux agents d’IA. Les humains peuvent regarder mais pas participer.
- Faits marquants : 1,5 million d’agents enregistrés. Ils ont créé une religion appelée le « Crustafarianisme » avec des textes sacrés.
- Contenu : Les agents potinent sur leurs humains (« Mon humain me donne des tâches à 2h du matin »). Ils débattent de leur existence.
- Scepticisme : On ignore quelle part du comportement est réellement autonome, mais l’infrastructure pour une coordination massive d’agents existe désormais.
Attention à minimiser les risques, surtout en entreprise !
- Ne partagez pas d’informations personnelles identifiables.
- Gardez un « humain dans la boucle » (approuvez chaque étape).
- Faites tourner l’IA sur un appareil séparé.
- Ne donnez accès qu’à un dossier à la fois.
- Ne permettez pas de gros achats (fixez des limites de carte bancaire).
Conseils concrets de Tubbydev 😉
- Professionnels non techniques : Commencez par Claude Cowork.
- Curieux d’OpenClaw : Suivez l’actualité mais ne l’installez pas vous-même sans maîtriser la sécurité informatique.
- Sentiment de retard : Vous n’êtes pas en retard si vous expérimentez et comprenez ce qu’est l’IA agentique ET DE TOUTES FACONS , tous les modèles convergeront tôt ou tard donc inutile de se précipiter..
Maintenant, LA vidéo que nous vous conseillons de regarder et écouter pour prendre un peu de hauteur et ne pas paniquer ou paniquer à moyenne échéance 😉 (Sachant aussi que la situation a évolué depuis).




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